Les fleurs sont souvent associées aux jeunes femmes. Leur beauté et leur fraîcheur sont les atouts souvent mis en avant. Cette comparaison est à double tranchant et sonne aussi comme un avertissement.
Le danger nous est donné par la conclusion du célèbre poème de Ronsard (retranscrit en intégralité en fin de cet article) : ‘Cueillez, cueillez votre jeunesse : Comme à cette fleur, la vieillesse fera ternir votre beauté.’ Autrement dit : Jeune fille, vous êtes belle, mais vous n’allez pas le rester. Voilà pour remonter le moral !
Dans l’art, outre la poésie, cette idée est reprise dans de nombreux tableaux du 18ème siècle. Les portraits de femmes sont régulièrement agrémentés de fleurs coupées.
En voici un exemple ci-dessous : des fleurs dans les cheveux et dans le décolleté. Elles sont positionnées au niveau des atouts de cette personne.
Les fleurs fanées sont généralement jetées, évacuées, balayées. Faut-il comprendre que les jeunes filles, une fois leur physique fané, subiront le même sort ?
Malheureusement, il y a peu de poèmes ou de tableaux pour encourager les femmes à cultiver leur intelligence plutôt que leur beauté. Pourtant il semble assez partagé que le physique d’une personne ne la comblera pas. Alors j’en profite pour encourager chacun à ces quelques gestes qui paraissent anodins pour lutter contre les clichés :
- Parents, vantez les qualités humaines et l’intelligence de vos filles, comme de vos garçons.
- Amoureux, aimez-vous tels que vous êtes.
- Enfants, soyez vous-mêmes et cultivez votre insouciance.
Pour prolonger votre lecture :
- Si les symboles vous intéressent, voyez ce que signifie l’œuf en peinture.
- Si vous voulez un autre rapprochement entre poésie et peinture, étudiez le travail réalisé par Dali et par Eluard en hommage à Gala.
- Au sujet du féminisme, et pourquoi les cerveaux des humains sont tous différents.
Mignonne, allons voir si la rose
À CASSANDRE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Ronsard (1524, Vendômois)
Odes, I,17